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SON HISTOIRE

1-La Ville

Avant la révolution, et depuis un temps immémorable, tout le territoire qui constitue la commune actuelle faisait partie d’Armentières. Bien que ce territoire dépendait de la paroisse d’Armentières, les gens qui y habitaient se réunissaient dans la Chapelle Notre-Dame du Vieil Biez qui se situait dans la partie extra muros d’Armentières et avait ses administrateurs, son desservant. Le territoire sur lequel elle était érigée dépendait des seigneuries dites de Saint-Simon et de Raisse. En 1685, le comte d’Egmont accorde à ces derniers un corps d’échevins distincts et indépendants de ceux de la ville.

 

En 1770, quand les seigneuries passent au comte Bidé de la Granville, il obtiendra un corps de loi particulier pour la future commune de la Chapelle d’Armentières.

Tout cela préparait l’autonomie communale, puis religieuse.

En 1790, quand l’Assemblée constituante de la Révolution établit les municipalités au lieu du régime seigneurial, on détacha d’Armentières-Ville une commune qui s’appelle Armentières-Paroisse, et par la suite Armentières-Campagne.

Mais le 1er  juin 1794, la municipalité urbaine obtint de la Convention un décret qui supprimait la commune d’Armentières-Campagne et la réunissait à Armentières. Les habitants protestèrent contre cette annexion et on leur fit droit par une ordonnance le 22 novembre 1820 qui replaça la localité au rang de commune, sous le nom de La Chapelle d’Armentières.

Les trois paroisses construites dans le secteur du Bourg en 1863, de la Choque en 1911 et de Wez-Macquart en 1864, correspondent aux trois noyaux importants de la commune.

Pendant la Première Guerre Mondiale, les tranchées traversaient La Chapelle d’Armentières, ce qui la mit en ruine ; il faut attendre 1960 pour qu’elle retrouve sa population.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la commune fut occupée par les Allemands et libérée le 6 septembre 1944. Depuis cette époque, les Chapellois se sont efforcés d’affirmer le caractère de leur commune qui a maintenant acquis une forte identité.

Dès 1987, la ville entreprend des démarches en vue du jumelage avec une commune de Grande Bretagne. Le 30 septembre 1988, le Conseil Municipal décide officiellement le jumelage avec Birchington (Kent). Le 20 et 21 mai 1989, les deux villes deviennent villes-sœurs : inauguration de la place Birchington, signature du serment, défilé des harmonies et des nombreuses associations, exposition philatélique… Depuis ce temps, des festivités ont lieu en mai de chaque année avec braderies, expositions, défilés des diverses associations…pour fêter ces nouveaux amis anglais.

2-La Mairie

La maison commune a tardé à naître et à trouver son emplacement actuel.

La première mairie de La Chapelle fit son apparition tardivement. Ses plans remontent à 1839.Elle n’occupait qu’une modeste pièce de 5,4 m sur 7 dans le presbytère de l’église Saint-Vaast.

 Ancienne Mairie

En 1876, la mairie s’installe route Nationale dans une bâtisse construite pour ses besoins, sur l’emplacement actuel de la poste. En 1914, la mairie est évacuée. Elle sera détruite par les bombardements. Elle occupa donc des locaux provisoires dans des quartiers de La Chapelle, puis les services municipaux et les archives déménagèrent dans le Calvados. Ils ne réintégrèrent la commune qu’en 1919 et s’installèrent de nouveau dans l’ancien presbytère.

La troisième mairie fut construite sur les ruines de celle qui avait été détruite. C’est le bâtiment qui abrite aujourd’hui la Poste. Il était surmonté d’un clocheton qui n’existe plus. Les services municipaux s’y installèrent en 1924.

Au fil des ans, le conseil considéra que la mairie était (démographiquement) excentrée et exiguë. En 1975, la commune fit l’acquisition, au Pont Bertin, d’un terrain d’un hectare comprenant un bâtiment à usage d’habitation. Ce bâtiment fut construit par Jean-Baptiste Vigneron qui fut maire de la commune de 1873 à 1886. C’était une maison luxueuse. L’architecture, l’agencement des pièces et la finition ont été préservées. La partie ancienne de la demeure a été aménagée en bureaux. Quant à la salle du conseil, elle occupe ce qui devait être, en front de rue, la salle à manger des lieux. Cette salle a été doublée dans son prolongement. Une modification parfaitement intégrée à l’ensemble. C’est là que se tiennent les séances du conseil. C’est aussi la salle des mariages et des réceptions. A l’arrière, c’est la partie plus administrative de la mairie ouverte au public. L'inauguration officielle de cette mairie telle qu'elle existe actuellement a eu lieu le 29 septembre 1979.

3-Les Armoiries

 Armoirie

La Chapelle d'Armentières n'est pas une commune très ancienne. En effet, son territoire faisait autrefois partie de la ville d'Armentières qui, bien avant l'an 900, dépendait de l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. C'est la raison pour laquelle son église paroissiale était placée sous le nom de ce saint.

La paroisse s'étendait alors, à quelques différences près, sur les territoires actuels d'Armentières, de La Chapelle jusqu'à Wez-Macquart et la gare d'Ennetières, et sur la moitié est de Bois-Grenier jusqu'à la Flamenguerie.

En 1362, Armentières appartenait au doyenné de La Bassée, et parmi les chapellenies de ce doyenné figurait une « chapelle d'Armentières », possession de l'évêque d'Arras. La présence de cette chapelle est de nouveau attestée à partir de 1479 par des actes établis au profit de la « chapelle Notre-Dame du Viés Biés », ou de la « chapelle dite du Vieux Biez sise en ladite paroisse dudit Armentières ». Et un document datant de l'époque de la Révolution française précise que la chapelle se trouvait dans le cimetière, près du ruisseau dit « courant du Wacquet » ou « becque de la Chapelle ». Ce cimetière, plusieurs fois agrandi, est celui que nous connaissons aujourd'hui.

La chapelle d'Armentières avait des « ministres, mergliseurs ou administrateurs » qui, au XVe siècle, établirent une « Table et Charité du Saint-Esprit » ou « Table des Pauvres », afin de venir en aide aux « pôvres, vesves, desbiles d'esprit ». En 1545, sire Paul Crespiel était vice-gérant de la chapelle d'Armentières, délégué pour accomplir son service par le chapelain titulaire, Ghillebert Doingnies. Ce dernier, nommé par l'évêque d'Arras, fut remplacé en 1559 par sire Nicolas Domessent, chapelain de la chapelle d'Armentières.

Cette situation dura jusqu'à la Révolution française. En février 1790, l'Assemblée constituante supprima le régime seigneurial et institua partout des municipalités. Elle créa celle d'Armentières-ville, et celle d'Armentières-paroisse qui, par la suite, prit le nom d'Armentières-Campagne. Paul D'Halluin fut élu le premier maire de la commune qui comptait alors 2 047 habitants répartis en 440 feux. Excepté le Guelde de la Motte (Bizet actuel), la nouvelle commune comprenait « toute la paroisse foraine d'Armentières » (soit la partie extra-muros), y compris la route du Pont-Neuf (Pont de Nieppe). Cette division était basée sur le fait que « les territoires avaient été soumis à des juridictions seigneuriales différentes ». En effet, Louis-Ernest, comte d'Egmont (1665-1693), seigneur d'Armentières, avait accordé en 1685, aux habitants de ces territoires, un corps de loi particulier, soit un bailli-lieutenant, sept échevins, officiers, indépendants de ceux de la ville, mais cependant sous l'autorité du même grand-bailli. Cette disposition était en quelque sorte une des causes de l'autonomie communale.

... D'ailleurs, cette autonomie existait déjà au point de vue religieux. Les registres paroissiaux de sépultures, qui sont conservés aux archives municipales d'Armentières depuis 1630, signalent que certaines funérailles furent faites par le curé d'Armentières « à la chapelle ». De même, les archives municipales d'Armentières possèdent un registre spécial de sépultures de la Chapelle d'Armentières pour les années 1739-1754 qui mentionne les lieux précis des inhumations, soit dans le cimetière, soit dans la chapelle ou même dans le choeur de celle-ci pour les Obert, seigneurs de Courtembus et de la Chapelle. De plus, un acte de la municipalité datant de 1791 nous apprend aussi que, dans cette chapelle, on célébrait depuis longtemps déjà deux messes les dimanches et fêtes.

Cependant, cette autonomie n'eut qu'un temps. L'Assemblée constituante, qui avait institué Armentières-Campagne, n'avait pas accordé la même chose au point de vue ecclésiastique. Elle avait décidé que la chapelle ne serait qu'un oratoire sans titulaire résidant, rattaché à la paroisse d'Houplines, et desservi le dimanche seulement. Le décret publié le 20 mai 1792 confirma cette décision, malgré une pétition faite par la municipalité d'Armentières-Campagne.

Mais la Convention, après une seconde pétition, accepta que la chapelle soit rattachée à l'église matrice d'Armentières-ville. Cependant, la municipalité d'Armentières, ne voyant pas d'un bon oeil l'amputation d'une importante partie de son territoire, réussit, avec l'appui du représentant du peuple Florent Guiot (1755-1834), alors en mission dans le Nord, à obtenir de la Convention, le 13 prairial an II (1er juin 1794), un décret supprimant la commune d'Armentières-Campagne et l'englobant dans celle de la ville. Cette annexion fut réalisée le 20 messidor suivant (8 juillet). Et le quartier de la chapelle fut appelé « hameau de la Réunion », pour abolir sa dénomination religieuse. Les Chapellois furent mis devant le fait accompli et ne purent trop formuler leurs protestations, de crainte de s'exposer à d'éventuelles représailles de la part de Florent Guiot, personnage toujours très influent du gouvernement. Pourtant, malgré la persécution religieuse, malgré la vente de l'église de la Chapelle en 1799 à un Lillois, la chapelle fut sauvegardée.

Après la Révolution, les habitants firent de nombreuses requêtes pour rétablir de nouveau leur localité en commune et en paroisse, faisant observer qu'elle avait sa propre église et son propre presbytère. Cette demande fut finalement prise en considération sous la Seconde Restauration, avec l'appui du conseil municipal de la ville d'Armentières dirigée par Louis Dansette-Lefebvre (1770-1827), et la commune fut érigée par une ordonnance royale du 22 novembre 1820 (de Louis XVIII), qui proclamait le rétablissement de « l'ancienne commune de la Chapelle d'Armentières ». Bruno Delangre-Lefebvre fut élu maire de la nouvelle commune, et les limites furent fixées en août 1821. Une autre ordonnance, du 4 avril 1821, demandée par Mgr Louis Belmas (1757-1841), évêque de Cambrai de 1802 à 1841, créa la paroisse qui fut placée sous le vocable de Saint-Vaast.

Ainsi, faisant autrefois partie de la ville d'Armentières, le territoire de La Chapelle-d'Armentières possédait tout naturellement les mêmes armoiries. D'ailleurs, lors de la construction de la seconde mairie de la commune, édifiée en 1876 en bordure de la route Nationale (aujourd'hui la poste) par l'architecte Leroy de Lille, le maire, Jean-Baptiste Vigneron (1873-1892), fit graver les armoiries d'Armentières sur le fronton.

Dans « L'Armorial des communes du département du Nord » du chanoine Théodore Leuridan (1860-1939) de 1909, La Chapelle-d'Armentières est toujours citée comme étant démunie d'armoiries. Et après la Première Guerre mondiale, le maire de La Chapelle-d'Armentières, Georges Deblacquer, élu depuis le 3 mai 1925, adressait un courrier le 19 juin à son homologue d'Armentières, Charles Conem, lui demandant s'il pouvait lui fournir « un croquis des Armes d'Armentières sur papier, et le plus grand possible, dans le but de les faire graver sur le monument aux victimes de la guerre ». On peut voir aujourd'hui ces armoiries sur un des côtés de ce monument, gravées sur un écu que porte une femme aux ailes d'ange.

Mais voulant palier cette absence d'armoiries personnelles à la commune, Francis Vangasse, troisième adjoint supplémentaire, chargé de la culture, exprima un jour l'idée (début 1978) de doter la commune d'un emblème héraldique. La municipalité, dirigée par Henri Bouchery (1927-1989), se fit alors aider de quatre experts : MM. François Boniface, Gérard Janssen, Alain d'Orgeville et Jean-Louis Decherf. Un concours fut organisé en octobre 1978, ouvert à la population chapelloise, « en vue de définir et fixer ses armoiries », et il obtint un certain succès compte tenu de son caractère assez insolite et difficile.

Une bonne vingtaine de projets, d'une réelle inspiration artistique ou originale, furent déposés. La plupart évoquaient les différentes activités de la commune. Le jury délibéra et ce fut le projet d'Étienne Delannoy, qui fut retenu.

Étienne Delannoy (1904-1999) n'était pas Chapellois, mais il était natif d'Armentières. Ancien maître-verrier ayant exercé de 1928 à 1976 à Lille, agréé des monuments historiques, il avait réalisé de nombreux vitraux dans de multiples églises de la région : Fleurbaix, Laventie, Sailly-sur-la-Lys et Notre-Dame du Sacré-Coeur d'Armentières, ainsi que ceux du salon d'honneur de l'hôtel de ville d'Armentières et celui des établissements Motte-Cordonnier. Étienne Delannoy fut classé hors concours, mais son projet obtint la faveur du jury. Il avait eu l'idée de reprendre les éléments du blason d'Armentières, avec les mêmes couleurs, tels qu'il figure dans l'Armorial du Nord de 1909 du chanoine Leuridan, mais en les stylisant, et il avait ajouté une chapelle de couleur noire.

Les armoiries de La Chapelle-d'Armentières se lisent ainsi : « D'argent à fleur de lis de gueules, accompagné en chef d'un soleil d'or à dextre et d'une lune en décours du même à senestre. La fleur de lis chargée d'une chapelle de sable. » Ces armoiries sont accompagnées de la Croix de Guerre 1914-1918, décernée à la ville le 18 septembre 1920, par la décision 553 signée du Ministre de la guerre André Lefebvre, avec la citation suivante : « Détruite par les bombardements, a fait preuve de la plus belle attitude sous les obus et au cours des souffrances de l'occupation allemande ». La remise des prix du concours eut lieu le dimanche 29 avril 1979, en même temps que l'inauguration de la nouvelle mairie.

La population s'était développée considérablement : de 3 154 habitants en 1876 lors de l'inauguration de la seconde mairie (la première se trouvait rue du Cimetière), elle en comptait presque le double en 1974. Aussi le conseil municipal prit alors la décision d'acheter l'ancienne propriété de Baron-Bény (charcutier rue de Lille à Armentières) pour y installer une nouvelle mairie. C'était d'ailleurs aussi la résidence de Victor Vigneron (1846-1925), maire de 1892 à 1919. L'ancienne mairie devint le nouveau bureau de poste dont les locaux étaient, eux aussi, devenus trop exigus. Maurice Paraf, préfet du Nord, l'inaugura. Les festivités se déroulèrent pendant deux jours, avec une exposition philatélique de l'Association philatélique d'Armentières, un lâcher de pigeons de la société colombophile chapelloise et un concert de l'Harmonie municipale et de l'Harmonie de la Choque. Une grande soirée de variétés termina la journée du samedi, avec notamment l'illusionniste et prestidigitateur Paskall, comédien chapellois. Et le dimanche, après deux matches de football et un défilé des majorettes de l'avenir musical de Sainghin-en-Weppes, un grand feu d'artifice illumina le ciel de La Chapelle-d'Armentières.

Ainsi, La Chapelle-d'Armentières n'a pas de logo, et il semble bien qu'elle n'en ait nul besoin, ses armoiries se trouvant être assez explicites.

(Nous reproduisons l'article des armoiries rédigé par M. Alain FERNAGUT, historien local, avec son aimable autorisation.)

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